Blog

  • À contresens

    Certains mots possèdent un double sens. D’autres en ont même plus, sans parler des homophones qui peuvent embrumer les esprits les plus éclairés. Tiens, comme nous parlons d’éclairage, de lumière, prenons l’exemple du mot illuminé. Ce dernier peut revêtir deux significations complètement antagonistes : d’un côté un illuminé est un fou qui n’aurait plus toute sa tête, et de l’autre un illuminé représente une personne éveillée, dont l’âme a été « illuminée » par Dieu, le savoir ou la sagesse, en fonction des croyances de chacun.

    D’autres mots présentent également cette caractéristique : 

    - un hôte, peut recevoir ou être invité ;

    - apprendre, veut dire enseigner ou bénéficier d'un enseignement ;

    - plus, on en veut toujours plus alors qu’il n’y a plus rien, etc.

    On appelle cela la polysémie. Ce n’est ni la polygamie, ni la Polynésie. Merci d’y veiller...

    Toutefois, la polysémie comprend aussi des mots ayant plusieurs définitions différentes, mais pas forcément contraires.

    C’est en recherchant des éléments à partir de cette idée que je suis tombée sur un texte écrit par un dénommé… Sigmund Freud. Tout cela après avoir animé quelques jours auparavant un atelier d’écriture sur le… rêve. Freud expose la possibilité qu’une chose figurant dans un rêve puisse signifier son contraire. Un peu comme ces mots. Le fondateur de la psychanalyse évoque ensuite le fait que dans l’Antiquité, les Égyptiens avaient « coutume de donner aux pensées les plus contraires une seule et même consonance verbale et de relier en une sorte d'union indissoluble ce qui de part et d'autre était le plus fortement opposé. » Extrait de l’article Des sens opposés dans les mots primitifs.

    Ce qui nous ramène clairement aux exemples cités plus hauts.

    Ainsi, un seul mot peut exprimer deux significations opposées. Il est même possible de regrouper deux mots de sens contraires pour leur donner un nouveau relief : cette figure de style se nomme l’oxymore. Un silence éloquent est une expression contradictoire, pourtant elle est parfaitement compréhensible.

    Et puis, dans un genre plus trivial et surtout plus amusant, Valérie Lemercier avait indiqué dans une émission de télévision quelques mots dont je vous laisserais retrouver seul le double sens !

    En voici quelques-uns : compétent, tapisser, paniquer…

    C’est évidemment plus comique lorsque c’est elle qui les prononce !

    Si vous avez d’autres propositions farfelues, vous pouvez venir les partager sur ma page facebook :

    http://www.facebook.com/home.php#!/pages/Cabinet-Agathe-Costes-%C3%A9crivain-public/182916225107840

    C’est simple comme un clic  qui « aime » !

  • Des phrases (et des hommes) en or

    « Parfois, il faut monter très haut pour comprendre à quel point on est petit. »

    Felix Baumgartner

    La citation est parfaite.

    L’analogie avec le célèbre « c’est un petit pas pour l’homme, mais un bond de géant pour l’humanité » de Neil Armstrong est criante.

    Felix Baumgartner saute à plus de 38 kilomètres de hauteur, dépasse Mach 1 dans sa petite combinaison high-tech et signe une phrase qui entrera — au même titre que sa performance — dans le livre de l’Histoire par la grande porte.

    Mais pourquoi apprécions-nous autant ces phrases ? Pour quelles raisons certaines parviennent-elles à marquer les esprits aussi longtemps ? Quel est le « petit plus » qui leur permet une notoriété durable ?

    Leur esthétique littéraire ?

    Dans les phrases de Neil Armstrong et de Felix Baumgartner, le vocabulaire employé est rudimentaire. Toutefois, la portée de leur exploit offre une dimension nouvelle à leurs mots.

    Leur originalité ?

    Friedrich Nietzsche a écrit : « Ce qui ne me détruit pas me rend plus fort. » Rien de bien original. En revanche, sa citation est universelle : qui n’a pas souffert ? Qui n’a pas appris de ses erreurs et de ses regrets ? Nous sommes tous, en quelque sorte, des phénix (et pas des Felix pour ceux qui, comme moi, ont le vertige à partir de 4 mètres de haut).

    Leur complexité ?

    Voici ce que le Dalaï-lama aurait répondu à quelqu’un qui lui demandait ce qui le surprenait le plus dans l’humanité :

    « Les hommes... Parce qu'ils perdent la santé pour accumuler de l'argent, ensuite ils perdent de l'argent pour retrouver la santé. Et à penser anxieusement au futur, ils en oublient le présent de telle sorte qu'ils finissent par ne pas vivre ni le présent, ni le futur. Ils vivent comme s'ils n'allaient jamais mourir... et meurent comme s'ils n'avaient jamais vécu. »

    Une réponse particulièrement juste. À sa lecture, on constate même qu’elle apparaît comme une évidence. Le secret est peut-être là. Prononcer une phrase comprenant des mots simples, ayant une portée universelle et dont personne n’a encore su exprimer l’évidence.

    À croire que lorsque l’on observe les choses de trop près, on ne les voit même plus. Dans ce cas, la sagesse d’un Nietzsche, d’un Dalaï-lama ou d’un Baumgartner peut toujours servir…

    Si vous avez d’autres suggestions pour répondre à ma question, rendez-vous sur la page Facebook du Cabinet :

    http://www.facebook.com/pages/Cabinet-Agathe-Costes-%C3%A9crivain-public/182916225107840

    C’est simple comme un clic qui aime.

    À bientôt.

  • Des accents sur les majuscules !

    Mon professeur de CM1 avait coutume de préciser qu’on ne mettait pas d’accent sur les majuscules. Comme il avait une autre habitude qui consistait à tirer les oreilles de ses élèves, j’ai enregistré ses dires tel un robot. Je ne me suis jamais posé la question de savoir s’il avait raison ou non.

    En tant qu’écrivain public, je suis constamment en train de vérifier l’orthographe des mots, leur bon usage grammatical et syntaxique. Et, naturellement, j’ai enquêté sur ce que je considérais être une règle indiscutable : on ne met pas d’accent sur les majuscules.

    Eh bien figurez-vous que l’Académie prétend l’inverse !

    J’ai alors perdu beaucoup de certitudes sur notre langage, mes valeurs, la vie en général…

    J’ai été ébranlée à un point tel que je me suis mise à réfléchir. Incroyable.

    J’ai commencé à cogiter sur la force des idées reçues. Ces idées qui ne viennent pas de nous, mais que nous avons archivées dans notre esprit comme étant certaines. J’avoue que j’ai été un peu effrayée de constater que beaucoup d’entre elles n’étaient pas directement issues de mon propre raisonnement.

    Je continue donc de vérifier et de m’interroger, encore et encore, sur les mots et leurs différentes combinaisons. Je m’aperçois d’ailleurs fréquemment que le sens que nous prêtons à un mot peut manquer de précision. Ou même que la signification de certains d’entre eux évolue avec le temps.

    Les mœurs changent, alors ils se transforment tout en conservant les mêmes lettres.

    Nous en revenons donc à l’éternel débat entre la poule versus l’œuf : le langage influence-t-il la culture ? ou est-ce le langage qui s’adapte en fonction du contexte du lieu et de l’époque ?

    Si cette discussion vous tente, rendez-vous sur la page facebook du Cabinet :

    http://www.facebook.com/pages/Cabinet-Agathe-Costes-%C3%A9crivain-public/182916225107840

    Il suffit "d'aimer" la page. C'est simple comme un coup de pouce. Au propre comme au figuré.

  • La difficulté de se faire comprendre

     

    Vous pouvez l’observer dans le domaine professionnel, comme dans votre vie privée : l’une des clés du succès est la qualité de la communication (orale ou écrite).

    Qu’il s’agisse d’une conversation entre deux personnes, deux entités, d’un message à faire suivre à un groupe de salariés ou d’amis, d’un dialogue au sein d’un couple, la difficulté reste identique. Nos incompréhensions peuvent d’autant plus nous frustrer que l’information que nous cherchons à transmettre nous semble évidente.

    Alors, pourquoi les autres ne nous comprennent-ils donc pas ?!

    Prenons l’exemple le plus simple : une personne A énonce un message à une personne B. La personne A et la personne B possèdent chacune leur vécu et ont développé leur propre sensibilité. Ainsi, un mot peut résonner de façon différente d’une personne à l’autre et pourra également éveiller des souvenirs positifs ou négatifs chez l’émetteur, comme chez le destinataire. Apparaissent déjà quelques fritures sur la ligne…

    Ensuite intervient un aspect qui nous trompe souvent : dans nos discussions, le contexte joue un rôle prépondérant. Il arrive fréquemment que l’on prête plus attention à ce que pourrait contenir un message qu’au message lui-même. Par exemple, lorsqu’une personne A dit « j’ai froid », la personne B « entend » qu’elle doit monter le chauffage, fermer la fenêtre, etc.

    Lire entre les lignes peut nous aider, comme nous induire en erreur.

    Parmi les nombreux services proposés par un écrivain public, figure celui de la lettre. Cette correspondance peut être une réclamation, une négociation, une demande de remboursement, une déclaration d’amour, une fin de non-recevoir…

    Dans ce type de prestation, l’une des subtilités de notre profession consiste à savoir marier avec efficacité une demande claire et bien amenée avec son lot de messages implicites. Dans beaucoup de courriers, il faut non seulement se faire comprendre facilement, mais aussi indiquer, sans le dire nommément, ce que peut recouvrir le texte rédigé. Un exercice ardu, mais… passionnant !

  • TRAPS

    Bon, cet été, attention, on évite les pièges ! Les pièges à touristes ainsi que les pièges grammaticaux, cela va de soi.

    Quand pensez-vous ?

    Oups, désolée… Qu’en pensez-vous ?

    En ne veillant pas à l’orthographe, il nous arrive de modifier complètement le sens d’une phrase. Dans le cas ci-dessus, je vous ai même manqué de politesse en sous-entendant que… vous ne pensiez pas tout le temps !

    Un comble, n’est-ce pas ? Et non pas des combles… Homophonie, quand tu nous combles !

    Comme quoi, les Anglais ne possèdent pas le monopole des mots revêtant des sens différents. Dans le royaume de Sa Majesté, piège se dit « trap », tandis qu’en français une chausse-trappe désigne… un piège. Ce qui revient à dire que les mangeurs de grenouille et les « roast-beefs » ont plus de points communs qu’ils ne veulent bien l’admettre.

    Le verbe débuter appartient à l’un de ces nombreux pièges. Il est intransitif, ce qui entraîne qu’on ne débute pas quelque chose, mais que quelque chose débute.

    Pardonner est, lui, transitif direct, et indirect lorsqu’il s’agit d’une personne. Vous pardonnez à votre épouse d’avoir mis vos chemises blanches avec son haut rouge dans le lave-linge ; vous pardonnez cet oubli. En revanche, l’inverse n’est pas vrai : vous ne pardonnez pas votre épouse, vous ne pardonnez pas à son oubli.

    Ou sinon, vous pouvez toujours bouder…

    Enfin, l’achat de nouvelles chemises engendrera fatalement une nouvelle dépense pécuniaire et non des besoins pécuniers, cela ne se dit pas.

    Ce sera tout pour cette fois. En attendant, passez un bel été et évitez les pièges à… touristes !

  • Bref ou riche ?

    Selon moi, nous venons tout juste d’assister au tweet de la décennie. Je n’évoquerai pas plus cette actualité qui alimente déjà assez la Toile, les médias et les conversations, mais je pense que c’est le moment de constater qu’avec peu de mots, on peut dire beaucoup de choses !

    En recherchant des informations liées aux vertus de la concision, je tombe sur une double définition du mot aphorisme, qui signifie visiblement une chose et… son inverse (les deux faces d’une même pièce ?). Le Larousse nous laisse ainsi le choix entre une « phrase, sentence qui résume en quelques mots une vérité fondamentale » ou un « énoncé succinct d’une vérité banale ».

    Alors, c’est du lard ou du cochon ?!

    N’ayant donc pas avancé sur ce point, je m’interroge : est-ce positif de pouvoir dire beaucoup en très peu de signes ? Ne vaut-il pas mieux savoir détailler son raisonnement ?

    Avant le « drame », le Philosophie magazine du mois de juin - que je vous conseille d’acheter - titrait l’un de ses articles Le règne des formats courts. Plutôt visionnaire…

    Dans ce papier extrêmement bien écrit, il est précisé à tour de rôle que :

    1. Les idées ont besoin de temps pour imprégner une personne : « La pensée a besoin de place pour dérouler son chemin, déployer ses arguments, former une image dans l’esprit du lecteur. » 

    2. Les formules simples valent parfois bien mieux que les ouvrages contenant plus de pages qu’un dictionnaire : « Les vérités les plus importantes sont banales dans leur résumé et affreusement compliquées dans leur détail. »

    3. Pour trouver un haïku (format très court), il faut méditer et réfléchir pendant une durée indéterminée : « Ils étaient inséparables, à l’origine, d’une expérience de la marche qui pouvait s’étirer pendant des semaines ! »

    Et vous, alors, les mots ?

    Vous les utilisez avec parcimonie ou vous les laissez s’étaler dans toutes les pièces de votre discours ?

  • Les amoureux des mots

    Les mots soufflent, les mots chantent, les mots dansent, les mots sonnent…

    Moi si j’étais un mot, je serais capitaine… ou président ?!

    Après tout, les anaphores sont à la mode depuis peu, autant les utiliser à outrance maintenant.

    J’ai mentionné dans l’article précédent (vous l’avez lu avec attention, bien entendu) la possibilité d’apercevoir le sens d’un mot rien qu’à sa sonorité.             

    Cet aspect musical est l’une des nombreuses raisons qui me font aimer les mots. Et, à ma grande joie, cela me confère un point commun avec un homme les connaissant particulièrement bien : Bernard Pivot.

    Dans Les mots de ma vie, il les détaille avec passion et délice.

    Florilège (et pas best of...) :

    Foutraque

    « Charles Dantzig le range dans sa liste d’expressions et de mots morts. Cependant, le trouvant “charmant” et l’ayant “pris à Sagan”, il l’a “remis en circulation” autour de lui. […] En dépit d’une folle concurrence : dingo, cinoque, ouf, louf, barjo, toc-toc, maboul, etc., je suis resté un utilisateur de foutraque. Dantzig et moi nous enfermera-t-on à Charenton, tontaine et tonton, si nous créons le Front des Frappadingues de Foutraque (FFF) ? »

    Générosité

    « La générosité du cœur. La générosité de tous les jours. Celle qui s’exprime avec des gestes, des mots, des sourires. Naturelle, spontanée, gaie, la générosité qui est comme un réflexe, une manière d’être. Elle ne coûte rien, sinon une attention aux autres, qu’ils soient présents ou absents. »

    Folichon 

    « C’est un adjectif amusant, vieilli, qui signifie que quelque chose est agréable, gai. Mais il ne s’emploie que négativement. On ne dira pas qu’on a passé des vacances folichonnes, mais qu’elles ne l’ont pas été. » 

    Cul

    « Ce n’est pas parce qu’on s’assied sur le cul qu’il est permis de s’asseoir sur le mot. »

    Non, mais !

  • Symbolisme phonétique...

    Daniel Tammet est autiste Asperger. Pour les non-initiés, cet homme est un génie des nombres et des langues. Comme quoi, contrairement à la pensée commune, nous ne sommes pas uniquement cantonnés à un seul domaine de prédilection. Nous pouvons très bien être efficaces en calcul mental et nous souvenir avec précision de nos dernières lectures.

    Daniel, lui, récite pi pendant cinq heures d’affilée et apprend une langue en une semaine.

    Je vous accorde qu’il se situe un poil au-dessus de nos capacités intellectuelles.

    « L’art d’être sage, c’est l’art de savoir quoi laisser tomber. » William James

    Je vais donc laisser tomber pi. Par sagesse évidemment.

    Et je vais évoquer un point abordé par Daniel Tammet lorsqu’il explique la manière dont il a travaillé son apprentissage hebdomadaire...

    Il parle du « symbolisme phonétique » des mots. Par exemple en français, les mots débutants par lu- sont le plus souvent associés à la lumière : lueur, luciole, lustre, lune, etc.

    « Des exemples comme ceux-ci montrent que certains sons/mots ont une correspondance non fortuite avec l’objet qu’ils décrivent […] Au cours d’une expérience récente, le scientifique Brent Berlin fit entendre à des anglophones une liste de noms de poissons et d’oiseaux issus de la langue huambisa (une langue du Pérou) ; et découvrit que les sujets étaient capables de distinguer les mots décrivant un poisson de ceux qui décrivaient un oiseau (et cela sans l’aide du facteur chance) », souligne Daniel.

    Afin d’illustrer cette relation entre le sens d’un mot et sa sonorité, le génie anglais propose un test. Je vais donc vous présenter trois de ces questions et vous bénéficierez des réponses sur la page facebook du Cabinet :

    http://www.facebook.com/#!/pages/Cabinet-Agathe-Costes-%C3%A9crivain-public/182916225107840

    1. L’adjectif « pambalaa » dans la langue africaine siwu décrit :

    a) une personne mince ?

    b) une personne ronde ?

    2. Le mot « durrunda » en basque évoque-t-il ?

    a) un bruit doux ?

    b) un bruit fort ?

    3. Le verbe malais « menggerutu » est utilisé pour :

    a) une personne qui rit ?

    b) une personne qui râle ?

    En ce qui me concerne, j’ai visé juste pour les trois, et j’attribue plus ma réussite au « symbolisme phonétique » qu’à mon talent !

    Si jamais je suis parvenue à vous mettre l’eau à la bouche, les dires cités dans ce blog sont contenus dans l’ouvrage suivant : Embrasser le ciel immense aux éditions Les arènes. Je vous le recommande vivement.

    Pour les courageux, bonne lecture. Pour les curieux, rendez-vous sur facebook...

    À la prochaine !

  • Créatrice de mots

    Tandis qu’en février je dissertais sur ce qui se dit et ce qui ne se dit pas, j’ai découvert en mars que nous pouvions suggérer des idées aux membres de l’Académie française…  

    Le site http://wikilf.culture.fr/ vous permet d’inventer et de proposer de nouveaux mots à inclure dans vos chers et tendres dictionnaires, oui, vous savez cet objet qui, en une fraction de seconde, vous fait passer de l’état de grand savant du lexique à celui de « buse » en vocabulaire, ou l’inverse. Cela dit, je n’ai rien contre les buses.

    Cet outil collaboratif (le site, pas la buse) vous permet d’enrichir la langue française à votre guise, en espérant que votre (bon) mot passe à la postérité. Vous imaginez ?

    « Oui, je suis créatrice de mots.

    - Vous voulez dire de mode ?

    - Non. De mots. »

    Bien plus snob en effet.

    J’ai sélectionné pour vous quelques perles du genre destinées à couper la chique aux anglicismes.

    Vous connaissez l’happy hour, ce moment convivial où, après une harassante journée de travail, vous retrouvez vos amis pour boire un verre. En français, les internautes soufflent : « l’heure exquise », « l’heure heureuse », ou – encore mieux – « l’heureureuse », difficile à dire et à écrire, mais avec une sonorité amusante, enfin est avancé le lugubre « promeur » en raison de sa contraction de promotion et heure… Chacun ses goûts.

    Pour le week-end on lit le « samdim », pour le clubbing on aperçoit « noctodanse », pour un thriller on recompose un « frileur » (contraction de frisson et thriller), et enfin pour un flirt (avec toi ?) certains feraient n’importe quoi : comme « fleureter » en contant fleurette !

    Si vous aussi, vous voulez jouer avec les mots, vous avez désormais une bonne adresse…

    À bientôt !

  • Aujourd’hui café franco-philo

    Questions : pourquoi des termes couramment utilisés dans nos conversations sont-ils déconseillés et d’autres deviennent des composants de notre langage ? Pourquoi est-il contre-indiqué d’employer impacter alors que vient d’entrer massicoter dans la dernière édition du dictionnaire de l’Académie française ?

    Ce que je dis ne repose sur rien d’autre que ma conviction (c’est peu en effet) mais il me semble tout de même qu’aujourd’hui, en 2012, nous disons plus fréquemment impacter que massicoter.

    « La mode c’est ce qui se démode » disait Jean Cocteau. A la lumière de la conjugaison de massicoter (nous massicotons, vous massicotez…) on n’en doute pas.

    Il y a peut-être des éléments de réponse dans les phrases suivantes (issues du site de l’Académie) :

    « L’orthographe s’est considérablement transformée, tant du fait d’une évolution naturelle que par l’intervention raisonnée de l’Académie, des lexicographes et des grammairiens. La réflexion sur l’orthographe doit tenir compte de données multiples et souvent contradictoires, comme le poids de l’usage établi, les contraintes de l’étymologie et celles de la prononciation, les pratiques de l’institution scolaire, celles du monde des éditeurs et des imprimeurs, etc. L’Académie s’est employée, tout au long de son histoire, à maintenir un équilibre entre ces différentes exigences, l’expérience prouvant que les projets abstraits des réformateurs ne sauraient à eux seuls faire plier l’usage. Ainsi adopta-t-elle en 1835, dans la sixième édition de son Dictionnaire, l’orthographe -ais pour les mots terminés jusqu’alors en -ois mais prononcés depuis longtemps è (le françois, j’étois, etc.), réforme réclamée au siècle précédent par Voltaire. »

    Comme le souligne Chantal Rittaud-Hutinet dans Parlez-vous français : « Ce que certains considèrent comme le français orthodoxe, le seul pour eux ayant droit de cité, n’est en réalité que l’ensemble des normes abstraites que l’on trouve dans les dictionnaires, les livres d’orthoépie (prononciation normée) et les grammaires. »   

    Ainsi nous avons besoin de normes pour nous repérer, nous éclairer… et surtout nous indiquer si Hubert-votre-beau-père peut effectivement se permettre d’ajouter en toute innocence zythum sur le mot compte triple au Scrabble. C’est vrai, sans cela, que serions-nous ?!

    Il serait peut-être alors sage d’indiquer les fautes ou les écarts de langage lorsqu’on les constate, tout en gardant à l’esprit que nous ne manquerons pas d’en faire.

    L’erreur est humaine.

    Personne n’a la science infuse.

    Et les discours d’aujourd’hui ne seront pas toujours ceux de demain. Mais ça, certains le savent mieux que d’autres.