L'instant culture de l'écrivain public : pause-café, pause français

  • Pourquoi les écrits nous touchent-ils ?

    Au travers d’une lecture, il nous arrive parfois de tomber sur des phrases qui semblent nous être destinées. Elles étaient là, immobiles, tapies dans l’ombre d’un ouvrage refermé. Puis elles apparaissent à nos yeux, évidentes. La précision avec laquelle elles viennent dire ce que nous vivons ou ressentons est troublante. Quelquefois, elles ont même l’air de prédire la suite. Pourquoi les écrits nous touchent-ils autant ?

    En cherchant une réponse à cette question, je pense de nouveau au proverbe de Boileau : « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément. » Ces phrases nous procurent une vive émotion, certainement parce qu’elles sont intimement liées à notre vécu. L’intensité avec laquelle nous les découvrons est peut-être due au talent de l’auteur les ayant écrites. Les mots s’enchaînent facilement et la phrase est pourvue d’une belle musicalité. Cette impression qui n’était pas encore nettement formulée dans notre esprit l’est devenue et l’auteur l’a décrite avec une aisance qui nous déconcerte. Cette sensation, il la connaît donc, lui aussi ?

    Peut-être est-ce ça la clé de ce qui nous touche. La manière de dépeindre les émotions et ainsi de faire comprendre qu’elles sont universelles. Que ce que nous traversons est aussi vécu par d’autres. J’ignore si mon raisonnement est juste. Et je suis certaine qu’il existe bien d’autres réponses à cette question.

    En tant qu’écrivain public, je dois accompagner des personnes pour améliorer d’une manière ou d’une autre leurs écrits, qu’il s’agisse de les rédiger, les structurer, les corriger ou autre. Je dois essayer de comprendre la personne et son besoin pour mener à bien ce qu’elle attend de moi. L’écrit souhaité peut être d’ordre administratif et il peut consister à convaincre. Je suis d’avis que mon implication doit rester fidèle à l’esprit de la personne me sollicitant. Par exemple, rédiger une lettre de motivation ou une demande d’augmentation implique de concevoir un écrit efficace, mais il est également indispensable que celui-ci soit en adéquation avec ladite personne. Sinon, comment celle-ci va-t-elle pouvoir l’argumenter par la suite ?

    Lorsque des prospects me contactent pour des projets plus personnels, je considère que la démarche est identique. L’écrit souhaité doit toujours ressembler à celui qui en fait la demande. J’en viens ainsi à mon questionnement initial : si l’on veut toucher le destinataire de l’écrit, je suis convaincue qu’il est fondamental d’être cohérent et sincère. Un compte rendu doit être fidèle à l’esprit de celui qui le commande, au même titre qu’un discours doit être fidèle au parler de celui qui le prononcera, car, oui, les fausses notes s’entendent toujours.

    Cet aspect de mon métier me passionne. Mettre à profit mes compétences écrites tout en essayant de respecter le profil de celui ou celle requérant mon aide est une démarche intellectuelle qui m’enrichit toujours et me stimule grandement.

    En ce qui me concerne, le dernier passage sur lequel je me suis arrêtée, songeuse, était de Christophe André : « Face à la douleur ? Respirer. Face à la détresse ? Respirer. Au début, ça me paraissait bien limité comme message. Puis, j’ai compris. Le vrai message, le message complet, c’est : “Commencez par respirer ; tout sera plus clair ensuite.” Ce qu’il y aura à faire ou à penser apparaîtra alors avec plus d’évidence. Respirer ne transforme pas la réalité. Mais respirer transforme l’expérience qu’on a de la réalité. » Oui, en effet, c’est très clair maintenant.

  • La polysémie, quel beau pays !

    Les vacances se terminent, la rentrée reprend ses droits, mais nous sommes encore un peu à cheval entre les mantras des magazines estivaux (éloge de la procrastination, de l’ennui, du temps pour soi, du zen et des heures au ralenti) et la réalité des pas pressés, des cigarettes à demi-consumées et des moteurs vrombissant dès huit heures.

    Pleine de bonnes intentions, j’ai entrepris de rédiger un blog sur les mots ou les expressions à double sens, un phénomène du langage que je trouve tout à fait passionnant. Je suis d’autant plus séduite par ce sujet que le calembour est un plaisir qui peut se partager dans toutes les langues, les Français n’ayant pas l’apanage de l’humour sur les mots polysémiques. J’imagine avec amusement les parallèles allemands ou japonais de ces mots faisant que des confédérés peuvent également être des cons fédérés.

    Cherchant à savoir ce que ces doubles sens pouvaient bien signifier dans le domaine psy, j’ai lu quelques pages sur les dissensions entre Freud et Lacan. Je dois bien avouer que je n’ai pas saisi l’intégralité des passages lus à ce sujet, mais il y en a un qui a tout de même retenu mon attention (enfin, il s’agit surtout de celui que j’ai compris) : « Le mot est un signe, il a une face matérielle, le “signifiant”, et une face conceptuelle, le “signifié”. Le mot équivoque a la particularité d’avoir deux “signifiés”, l’un innocent et l’autre tendancieux, pour un seul “signifiant”. Pour Freud, la pulsion a contourné la censure en abandonnant le signifié tendancieux pour le signifié innocent. De la place de l’analyste qui écoute un mot équivoque, Lacan peut dire que ce qui se déplace, c’est le “signifiant“, qui occupe successivement dans son écoute deux positions différentes, S1 et S2. En se déplaçant ainsi, le signifiant “transporte” un sens nouveau, qui surgit du rapprochement de S1 et de S2. C’est ce transport que Lacan appelle une “métaphore”. »

    Ne pouvant guère citer plus de choses sur ce sujet et la rentrée commençant à peine, je me suis résolue à vous proposer un simple lien vers un (mythique) moment de télévision plutôt que d’explorer durant des heures ce thème en vue d’un résultat très aléatoire. Toutefois, je suis certaine que vous saurez apprécier à sa juste valeur le brio avec lequel Valérie Lemercier excelle dans l’exercice :

    https://www.youtube.com/watch?v=KJ87qO_5KJg

    Pour la petite histoire, j’ai dû écouter une deuxième fois pour comprendre « enrichi ». J’aime bien. Et j’aime beaucoup « compétent » aussi.

    Les joies du langage.

  • La lettre de motivation, vos difficultés, mes conseils

    Écrire une lettre de motivation, quel exercice complexe. Qui ne s’est pas arraché les cheveux à relire une dizaine de fois ce qui après tout n’est qu’un simple courrier généralement constitué d’une page ?

    Ma motivation est-elle suffisamment visible sans verser pour autant dans l’excès ? La société que je contacte est-elle assez mise en valeur ? Mon profil correspond-il réellement à ce que cette entreprise recherche ? Notre cerveau est souvent en ébullition face à ces quelques paragraphes, qui, nous le savons si bien, peuvent parfois être cruciaux pour notre avenir. Ce constat est d’autant plus aigu qu’il n’est pas vraiment évident de parler de soi et le plus souvent impossible de connaître l'interlocuteur qui lira la lettre. Ne pas être informé du profil et de la sensibilité de ce dernier empêche de savoir quels seront réellement les arguments percutants, le ton qui sera le plus approprié, etc. Il faut écrire avec cet élément inconnu, ce qui n’est pas le cas lors d’un entretien d’embauche où, même si l’on rencontre le recruteur pour la première fois, il est possible d’avoir une perception instinctive de sa personnalité. De plus, il peut s’avérer compliqué d’évoquer une société dont les renseignements ne sont pas légion sur Internet. En effet, comment valoriser une entreprise sur laquelle on ne dispose pas ou peu d’informations ?

    Last but not least, si vous recherchez une méthode ou des recommandations pour bien écrire votre lettre, sachez que c’est comme la rédaction d’un CV ou l’éducation des enfants : vous entendrez tout et son contraire. Il faut structurer son texte dans l’ordre du « je-vous-nous » ou plutôt du « vous-je-nous » et pourquoi pas du « nous-vous-je » tant qu’on y est ? Il faut se démarquer, mais il ne faut pas être trop original. Il faut user d’une écriture fluide et agréable à lire, mais il ne faut pas faire du Proust non plus. Sans même parler des bons et mauvais usages de la formule de politesse… Bref, difficile de savoir comment s’y prendre.

    Dans ces conditions, faire appel à une tierce personne, voire un professionnel tel qu’un écrivain public, est d'une grande aide. Le recul que nous n’avons pas, cette autre personne, elle, l’a. Les fautes que vous ne voyez plus tellement vous êtes le nez collé à vos quatre ou cinq paragraphes seront repérées beaucoup plus facilement. Ne pas connaître le texte préalablement écrit aide en outre à déterminer les passages à modifier et à constater si les phrases s’enchaînent naturellement. Une opinion extérieure nous permettra aussi de nous conforter dans notre avis initial ou de mettre en évidence un aspect sur lequel nous avions quelques doutes.

    L’écrivain public peut écrire la lettre de motivation ou en améliorer le contenu si une ébauche a déjà été écrite. Dans tous les cas, un entretien sera indispensable pour bien définir tous les éléments nécessaires (quel est l’objectif ? quel est le profil du candidat ? quelle est la société ciblée ? etc.). Que vous fassiez appel ou non à un professionnel, je me permets dans ce blog de vous livrer une courte liste de conseils, ceux que j’estime importants sur le fond, et non la forme, pour rédiger une lettre de qualité.

    1) Il faut se rappeler pour quelle raison on écrit une lettre de motivation. Elle n’est pas une fin en soi. Une lettre de motivation est la première étape qui permet, ou non, d’accéder à un entretien. Il est souhaitable d’avoir en tête cet objectif, trop souvent oublié. La lettre doit notamment montrer l’attention portée à l’entreprise, les compétences du candidat et suggérer l’intérêt d’une collaboration, mais elle ne doit pas rentrer dans le détail.

    2) La lettre de motivation est systématiquement accompagnée d’un CV. Les deux sont complémentaires et doivent être cohérents ensemble. Le CV détaille, la lettre présente et valorise de manière succincte.

    3) Personnaliser la lettre à l’entreprise sélectionnée est très vivement recommandé. Les recruteurs reçoivent de nombreuses candidatures quotidiennement. Ils s’intéresseront prioritairement à une lettre faisant mention de recherches sur leur société plutôt qu’à une lettre type complètement impersonnelle. Qui plus est, la lettre type peut décrédibiliser le candidat si elle est hors sujet.

    4) Il est impératif de ne pas laisser la moindre faute. Nous en faisons tous et nous devons toujours nous relire. La moindre erreur fera que plusieurs heures de travail seront directement jetées à la poubelle, ou corbeille. Relire silencieusement. Relire à voix haute. Relire en tenant compte uniquement de la construction des phrases (veillez bien aux sujets placés après les verbes, ils sont souvent traîtres). Faire relire par une tierce personne. Relire, relire, relire.

    5) Soignez votre accroche, votre incipit, votre introduction… Appelez ce début de lettre comme vous voulez, mais soignez ces premiers mots ! Au même titre que les premières secondes lorsque nous rencontrons une personne pour la première fois, ce début est fondamental pour la suite de la lettre et l’impression que vous donnerez à son lecteur.

    6) Restez vous-mêmes. Cette suggestion est, certes, une évidence qui relève du bon sens. Pourtant, à trop vouloir cadrer avec le poste recherché on oublie parfois cette nécessité. Cette ligne de conduite vous aidera à savoir ce que vous pouvez mettre en avant ou supprimer. La lettre doit vous correspondre. Ne cherchez pas à paraître trop humble si vous êtes très sûr de vous, ou l’inverse. Votre personnalité apparaîtra durant l’entretien. Qui plus est, les recruteurs sont en quête de profils en adéquation avec leurs besoins. Vous pouvez être excellent dans votre domaine, mais ne pas correspondre au poste ou au tempérament recherchés. Rester ainsi fidèle à ce que vous êtes fera gagner du temps à tout le monde. Vous devez être à l’aise avec votre lettre de motivation, car si elle vous permet d’accéder à l’entretien, vous devrez ensuite argumenter dans le même sens que celle-ci.

    Voilà pour les conseils sur le fond, maintenant je vous souhaite bon courage et vous recommande de ne pas hésiter à faire appel à un écrivain public si vous avez besoin de peaufiner votre travail sur la forme...

     

  • Je suis un écrivain public qui écrit AUSSI pour les robots

    Le 1 est un journal hebdomadaire fondé par deux anciennes, et illustres, plumes du Monde (Éric Fottorino, Laurent Greilsamer) et Nathalie Thiriez, sa directrice artistique. Il a pour particularité de n’être constitué que d’une seule page, qui se déploie progressivement en se dépliant, et de proposer des articles, des dessins, des poèmes, des entretiens répondant à un thème. Sa nature est unique, ses intervenants brillants et ses contenus toujours pertinents. Dans l’un de ses numéros de 2016, le 1 se penchait sur le thème : « Qui choisit l’info ? »

    En le lisant, j’ai découvert l’étendue de ma candeur concernant la circulation des informations. J’ai enfin pleinement assimilé que ceux qui rédigeaient des articles diffusés sur le net optaient délibérément pour une écriture leur permettant de tenir le haut du pavé en matière de PageRank. Ce constat paraît évident, mais ce qui m’a le plus interpellée est ce qu’il en résulte : ceux qui écrivent sur le Web destinent leurs articles à leurs potentiels lecteurs mais aussi, et surtout, à des robots. Pour citer Éric Scherer, Directeur de la prospective à France Télévisions, interrogé par le 1 dans ledit numéro : « À partir des années 2000, certaines rédactions ont privilégié une écriture de titres permettant aux articles d’être bien placés dans les moteurs de recherche. Cette pratique a généré un risque énorme et un cauchemar pour les rédactions : s’apercevoir que Google dirige la conférence de rédaction du matin car c’est en fonction des requêtes et des recherches des internautes la veille qu’on va déterminer les sujets qui intéressent. »

    Lors de la refonte complète de ce site, j’ai consacré quelques jours à me former sur les bonnes pratiques en matière de référencement, afin d’apprendre quelques bons usages de la rédaction sur le Web et d’essayer de maintenir mon site en première page du sacro-saint-Dieu-tout-puissant de l’ère 2.0 : Google. En France, moins de 10 % des utilisateurs osent encore s’aventurer sur d’autres moteurs de recherche. Lors de ces quelques jours d’apprentissage, ce que j’avais compris la moue déconfite à la lecture du précieux 1 s’est confirmé : si je veux que mon site soit vu, je dois écrire pour ceux que je suppose être mes futurs lecteurs, mais également pour nos amis les robots indexeurs. Voilà, je suis un écrivain public qui écrit AUSSI pour les robots. Mea-culpa.

    Écrire — avec efficacité — sur Internet exige notamment de concevoir des phrases courtes, avec une structure classique (sujet-verbe-complément : ne cherchez pas à parler comme Yoda, ça ne sert à rien), d’utiliser des mots et des expressions ciblés selon le sujet exprimé et les lecteurs recherchés. Néanmoins, ces contraintes d’écriture dignes d’un atelier d’écriture de l’Oulipo ne sont pas suffisantes, vous devrez en outre donner à manger fréquemment au géant mondial américain, semer de façon pertinente des liens retour (backlink), susciter les clics vaille que vaille, etc. Enfin, si ce travail de référencement vous ennuie, aujourd’hui on vous propose une nouvelle option, plus frontale : payer. Vous pouvez également faire appel à des professionnels de l’exercice.

    Les autres pages de ce site répondent de façon plus appropriée, ou du moins essaient, aux caractéristiques de ce type de rédaction. En revanche, ce blog n’est vraiment pas un exemple d’écriture pour le Web. Je n’ai pas prêté attention à sa longueur, j’ai souhaité la construction de mes phrases variée pour une lecture plus agréable et je n’ai pas inséré volontairement çà et là les successions de mots adéquates. Ce blog a cependant le mérite de faire vivre mon site et de conserver un lien régulier avec mes contacts. Malgré cette insoutenable pression numérique, j’aspire AUSSI à écrire pour ceux qui sont pourvus de jambes et de bras et non de câbles et de circuits. Car au bout de leur bras il y a des mains, au bout de leurs mains il y a des doigts, et parmi ceux-ci il s’en trouvera bien quelques-uns pour cliquer frénétiquement qu’ils aiment cet article sur Facebook, LinkedIn, Viadeo et propulser ce site sur le podium en page 1.

    Et le serpent se mordit de nouveau la queue. Google, ton univers impitoyable.

    Merci pour ceux qui s’y adonneront en tout cas.

    https://www.facebook.com/Cabinet-Agathe-Costes-%C3%A9crivain-public-182916225107840/

    https://www.linkedin.com/in/agathe-costes-42880336/recent-activity/

    http://www.viadeo.com/p/0021dc14nq1tb4p4

    En complément de lecture et de culture, je vous propose ci-dessous les liens du 1, de l’Oulipo et d’un article récent sur les parts de marché des moteurs de recherche dans le monde.

    http://le1hebdo.fr

    http://oulipo.net/

    http://www.webrankinfo.com/dossiers/etudes/parts-marche-moteurs#gref.

    Bonne lecture et à bientôt.

  • Le Cabinet Agathe Costes vous souhaite ses meilleurs vœux, e dans l’o

    En bon français : « Je vous souhaite mes meilleurs vœux (e dans l’o) pour l’année 2017. »

    Avec un laisser-aller inapproprié pour un écrivain public, mais s’expliquant par un brin de fantaisie : « Jeux voue sweat mais meilleurs veut (œufs dans l’eau) pour la née 2017. »

    Aïe.

    Au-delà du jeu avec les homophones, ce petit exemple démontre avec efficacité la crédibilité qui se joue dans l’orthographe d’un message. Dans les deux cas, l’intention de celui qui écrit ces lignes est d’adresser ses vœux pour la nouvelle année. Il apparaît pourtant clairement que les deux perceptions du lecteur seront diamétralement opposées. Le second message risque de produire l’effet inverse de celui qui était escompté. Veillez donc à bien vous relire ou à faire appel à un écrivain public !

    L’e dans l’o, ou plutôt l’œ (enfin, ne serait-ce pas plutôt l’o dans l’e ? soyons fous), ce caractère que vous n’avez jamais réellement tapé sur un clavier mais que vous avez toujours rectifié en utilisant un clic droit bien senti, aurait en français des origines latines et grecques, au même titre que son « cousin » l’e dans l’a, auquel Gainsbourg a rendu hommage (« t, i, t, i, a… »). Pour votre gouverne et en fonction du sens que vous souhaiterez accorder à l’information qui suit (romantique ? linguistique ?), cette union de deux caractères différents se nomme l’amour, ou la ligature. C’est selon. Un deuxième court exemple qui montre, lui, qu’au-delà des mots en eux-mêmes et de leur orthographe l’interprétation qui en est faite est fondamentale.

    Si jamais ce blog de nouvelle année vous inspire, vous pouvez partager vos vœux et vos fantaisies à l’adresse Facebook du Cabinet (https://fr-fr.facebook.com/Cabinet-Agathe-Costes-%C3%A9crivain-public-182916225107840/) ou sur LinkedIn (https://fr.linkedin.com/in/agathe-costes-42880336).

    Bonne année !

  • Les arismocrates révisent leur géographie, première partie

    « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément. » À la relecture des utilisations de la majuscule dans les noms propres géographiques, je me dis que le proverbe de Boileau est bien joli, mais qu’au vu du niveau de difficulté de certains aspects de la langue française il n’est pas applicable à tout !!!

    Comme pour les autres billets dédiés aux arismocrates, je précise que je me base sur le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale.

    Commençons par le grand bazar afin de vous perdre dès le début de cet article : vous souhaitez une fois dans votre vie vous rendre sur le mont Blanc, en effet vous vous sentez inspiré par le massif du Mont-Blanc, mais vous êtes embêté car vous êtes un peu claustrophobe et vous préférez éviter d’emprunter le tunnel du Mont-Blanc.

    Alors, mont Blanc ou Mont-Blanc ?

    Reprenons donc par un début bien concevable et énoncé clairement…

    Un nom propre d’un seul mot indiquant un lieu géographique (Paris, France, Europe…) s'écrit avec une majuscule à sa première lettre. Jusque-là, tout le monde suit. Les ennuis apparaissent généralement lorsque ce nom propre est composé de plusieurs mots.

    Lorsqu’un nom commun, comme un « mont », est individualisé par un adjectif ou un nom propre, comme « blanc » (au hasard), le nom commun reste en bas de casse et l’adjectif/nom propre prend la majuscule, ce qui donne « mont Blanc ». Ainsi, vous pouvez grimper sur le mont Blanc, vous rendre au cap Vert, admirer la baie des Anges, observer la cordillère des Andes, etc.

    Évidemment, sans exceptions, cette règle aurait été trop simple. Le Massif central, le Massif armoricain, le Bassin parisien, le Bassin aquitain et le Pays basque ne font décidément rien comme les autres, pour ne citer qu’eux…

    Mais revenons sur notre mont Blanc. Si les deux mots (« mont » et « blanc ») servent ensemble à caractériser un nom commun (tunnel, massif, etc.), ils deviennent un nom propre comprenant majuscules et tiret, ce qui explique le tunnel du Mont-Blanc et le mont Blanc.

    Des études ont montré que la mémoire à court terme pouvait enregistrer environ sept choses à la fois. Pour ne pas saturer votre espace neuronal lors de cette lecture, je m’en tiendrai donc à ces trois aspects pour cette première partie !

    Retenez bien : le mont Blanc, le tunnel du Mont-Blanc et attention au Massif central ou au Bassin parisien.

    Vous allez me dire que j’insiste avec le mont Blanc, mais la mémoire est aussi aidée par la répétition, alors j’espère que vous pourrez vous souvenir de ces éléments sans trop forcer votre talent !

    À bientôt, sur facebook pour les commentaires (https://fr-fr.facebook.com/pages/Cabinet-Agathe-Costes-%C3%A9crivain-public/182916225107840) ou sur cette page pour le prochain billet.

  • Les arismocrates reviennent, c'est leur fête !

    Un saint prend-il une majuscule ou non ?

    Un sein, non, évidemment,  un seing non plus, même s’il rend un document authentique. Et l’adjectif « sain » a beau être équilibré, il ne bénéficie pas de la distinction suprême des arismocrates : la majuscule !

    Certes, avec tous ces homonymes, nous ne sommes pas plus avancés. Focalisons-nous donc sur le saint.

    Il faut retenir principalement qu’il prend la majuscule lorsqu’il est utilisé au sein (décidément) d’un nom propre. Par exemple, un lieu et ses habitants (les Saint-Quentinois de Saint-Quentin), une fête (la Sainte-Agathe, au hasard), un monument (la Sainte-Chapelle), un ordre (l’ordre de Saint-Lazare) et dans certaines expressions historiques, traditionnelles ou religieuses (le Saint-Esprit), mais pas toutes évidemment, cela aurait été trop simple. Dans ces cas, n’oubliez pas d'ajouter le tiret qui précédera le mot suivant. De plus, vous pouvez employer l’abréviation St ou Ste uniquement lorsqu’ils forment des noms propres, comme ci-dessus.

    Maintenant, après la « noblesse majusculée », voici le reste du monde : les saints avec des minuscules.

    Il est surprenant de remarquer que lorsque vous évoquez le personnage d’un saint, celui-ci s’écrit en minuscules (sainte Agathe, encore au hasard). Et que si vous dites « la fête de sainte Agathe », vous parlez bien de la fête de ce personnage. Si, en revanche, vous vous référez à la Sainte-Agathe, vous mentionnez la fête, donc le groupe de mots redevient nom propre.

    Retenez juste ceci, ce qui vous aidera : la fête de sainte Agathe/la Sainte-Agathe.

    Quand il s’agit de mots composés, la minuscule  doit être conservée : un saint-bernard, des saint-honoré, etc. Puis lorsque « saint » est utilisé comme adjectif, il reste en bas de casse (le saint sacrement, etc.).  

    Voici pour le « peuple ».

    Prochaine étape des arismocrates : la géographie. Je vous préviens, il faudra vous munir d’aspirines. Si, j’insiste sur la nécessité du pluriel pour « aspirines » dans ce contexte.

    Si vous souhaitez ajouter des éléments ou poser des questions concernant ce billet du blog, vous pouvez vous rendre sur la page du Cabinet :

    https://www.facebook.com/pages/Cabinet-Agathe-Costes-%C3%A9crivain-public/182916225107840?ref=hl

    À bientôt !

  • Plus les hommes seront éclairés, plus ils seront libres

    Le français est comme la nature : bien fait.

    Ceci dit, il s’avère parfois absurde. Selon le livre Zéro faute, de François de Closets, Nina Catach, linguiste renommée, estime que la langue française comporte 80 % de cohérence et, tout de même, 20 % d’aberrations.

    Aujourd’hui, j’ai constaté deux choses tellement évidentes que je ne les avais jamais remarquées.

    Le Siècle des lumières symbolise le siècle du savoir. Nous sommes éclairés par la lumière, de la même façon que nous sommes « éclairés » par la connaissance. Au sens propre, la lumière nous permet de voir, donc de connaître, ce qui rejoint le sens figuré.

    Parallèlement à ce point, j’ai recherché le concept antagoniste du savoir, en l’occurrence l’ignorance et je me suis interrogée : existe-t-il également une métaphore liée à la lumière pour l’ignorance ?

    Et soudain est apparu — la lumière a donc jailli dans mon esprit – le mot suivant : obscurantisme.

    Il est intéressant de constater que ces deux notions contraires de notre langage sont métaphorisées par deux autres notions opposées de même nature.

    Ainsi connaître et méconnaître se lient à la lumière et à l’obscurité, au visible et au caché, à faire jour ou à dissimuler. Cette dualité peut se développer de façon plus lyrique au travers du jour et de la nuit, voire à la vie et à la mort. Une dichotomie – division qui marque l’opposition – qui n’est pas sans rappeler le yin et le yang. Le plus surprenant étant que le mot dichotomie signifie également « phase de la Lune pendant laquelle une moitié de son disque est caché ». Ce qui ressemble étrangement au yin et au yang !

    Si jamais ce billet vous fait penser à d’autres notions de ce type, n’hésitez pas à venir les partager sur le facebook du cabinet, à l’adresse suivante :

    https://www.facebook.com/pages/Cabinet-Agathe-Costes-%C3%A9crivain-public/182916225107840

    À bientôt !

  • Mes ateliers d’écriture... toute une histoire !

    Quand une consœur m’a proposé de rédiger un texte sur les ateliers d’écriture, ma première pensée a été la suivante : « Diantre ! »

    Parfois, les personnes peinent à écrire parce qu’elles ne trouvent pas les mots. Mon problème était l’inverse : comment synthétiser mes pensées à ce sujet, alors que j’ai des milliards de choses à dire dessus ?

    Voici déjà ce que l’animation de ces ateliers m’apporte.

    En premier lieu, j’aime rechercher les thèmes des séances. Je passe du temps à m’informer, à apprendre et à essayer de trouver une consigne qui va amener les gens à imaginer une histoire. Je suis une insatiable curieuse et j’ai l’impression que je n’aurai jamais assez d’une vie pour tout lire, tout voir, tout entendre. Je m’intéresse à la culture sous toutes ses formes : la création, l’esthétisme, les artistes, leurs personnages, les œuvres… Apprendre au quotidien m’épanouit et quand j’anime un atelier, j’introduis toujours des éléments culturels en lien avec le thème de la séance. Cela permet un échange riche avec les participants qui me font part de leurs connaissances, de leurs histoires ou de leurs coups de cœur.

    Par ailleurs, j’aime entendre des récits, observer de près le processus de création et remarquer avec étonnement que la même consigne va éveiller chez les uns et les autres des idées totalement différentes.

    Enfin, je crois que ce que j’affectionne le plus est de voir les participants se révéler à eux-mêmes. Ils lisent leurs productions en fin de séance, et les retours des uns et des autres leur font pleinement apprécier la qualité de ce qu’ils viennent d’écrire. C’est un moment un peu impalpable, très intime, que les gens savourent avec beaucoup de discrétion, mais que j’aime constamment observer. C’est comme une grande libération intérieure, car, d’une part, il n’est pas toujours aisé de lire devant un groupe et, d’autre part, ils réalisent le plaisir qu’ils ont procuré à leurs pairs grâce à leur texte. Il faut vraiment être confronté à cette situation pour mieux la saisir.

    Mais qu’est-ce qu’un atelier d’écriture ?

    Plusieurs personnes se retrouvent dans une salle, devant une feuille blanche, avec pour seul point de départ la consigne donnée par l’animateur. À partir de la thématique indiquée, ils doivent inventer pendant une durée déterminée (une heure, deux heures...) une histoire.

    La vie d’adulte et le milieu professionnel nous font régulièrement négliger la part de créativité qui existe en chacun de nous. Nous sommes énormément accaparés par des problèmes d’ordre matériel, des solutions à trouver et des tâches à accomplir dans un but précis.

    L’atelier d’écriture est un moment où les personnes oublient ces obligations et peuvent de nouveau ouvrir la porte de leur imaginaire. Dans ce cadre d’activité de loisir, le seul objectif important à mes yeux est de passer des heures agréables en rédigeant une histoire. La méthode des ateliers - donner une consigne d’écriture - se nomme l’écriture créative. C’est un domaine très en vogue dans les pays anglo-saxons, des cours y sont délivrés dans de nombreuses universités. Depuis 2012, l'université du Havre en propose.

    Tout d’abord, les courageux participants doivent surmonter une première angoisse : celle de la page blanche !

    Ensuite, je constate régulièrement les mêmes interrogations de leur part : « Si j’écris ceci de cette manière, est-ce que cela conviendra ? Puis-je ajouter ma suite à ce thème ? »

    Dans un premier temps, je souris, pour une raison très simple : j’ai posé exactement les mêmes questions qu’eux quand j’étais à leur place. Je leur explique que la consigne donnée n’est qu’un prétexte pour stimuler leur imagination et qu'ils peuvent s'en éloigner s'ils le préfèrent.

    Une fois cette « terreur » de la page blanche évacuée, ils doivent faire face à une difficulté supplémentaire : lire leur histoire devant les autres participants.

    Je tiens ainsi à préciser que je suis fréquemment subjuguée par les récits lus lors des ateliers. La richesse du vocabulaire employé, la capacité à capter l’auditeur et le style de chaque personne me laissent souvent admirative. C’est pourquoi j’encourage les hésitants à se lancer. Toutefois, je prends soin de ne pas forcer les gens, car l’écriture révèle une part d’inconscient et lire des choses trop personnelles peut parfois s'avérer gênant. Certains tentent de surmonter ce qui les travaille de cette façon, d’autres non. En tant qu’animatrice, je veille avec attention à prévenir cela et à instaurer une atmosphère bienveillante.

    Par ailleurs, se rendre à un atelier permet de conserver une régularité dans l’écriture et le fait d’exercer cette activité en groupe est encourageant pour avancer dans un projet, ou même chercher à progresser.

    Les séances peuvent se décliner sous différentes formes : pour adultes, mais aussi pour enfants, comportant des jeux avec les mots ou des thématiques personnelles, etc. Les possibilités sont variées. En ce qui me concerne, comme indiqué dans les lignes ci-dessus, j’y ai ajouté une note culturelle. Je prends des exemples en lien avec ma consigne existant dans la littérature, le cinéma, la peinture... Si je propose une histoire autour du flash-back, je vais citer des œuvres où ce procédé est utilisé. Cela permet non seulement aux participants de constater leurs propres réactions quand ils observent ce mécanisme, mais aussi de s’ouvrir à un échange culturel avec les autres.

    Mon amie Sylvie Chaudoreille a trouvé de bien jolis mots pour définir la richesse des ateliers : « Il n’y a jamais en écriture de bon ou de mauvais texte, ne s’écrit à chaque expérience que ce qui “doit” s’écrire et c’est toujours un merveilleux mystère. »

    Je pense qu’elle a entièrement raison.

  • Le pouvoir des mots

    Un ami a eu la délicate attention de m’offrir et de me prêter quelques lectures récemment. Parmi celles-ci figurait un essai sur la parole. Les pépites issues ce texte sont si nombreuses que je ne sais laquelle mettre en avant.

    « Le seul mauvais choix est l’absence de choix », a écrit Amélie Nothomb dans Métaphysique des tubes. Je vais donc citer cette phrase : « La parole est une arme de guerre ou un instrument de paix : elle peut avoir une force de déflagration redoutable ou une puissance de réconciliation inattendue. »

    « La parole est une arme de guerre »

    On dit en effet que les mots blessent, font souffrir, au même titre que des plaies béantes. Ils peuvent heurter, diviser, faire surgir des émotions néfastes telles que la colère, la peine, la jalousie, le ressentiment...

    Je marchais dans la rue hier et j’ai croisé un homme en train de téléphoner. Son ton était emporté, il parlait excessivement fort et surtout… il ne pouvait pas prononcer deux phrases d’affilée. À l’autre bout de la ligne, la personne devait certainement lui couper sans cesse la parole. Au bout d’un moment, il a répété de nombreuses fois, excédé : « Tu m’écoutes ! » Visiblement en vain. Les mots ne parvenaient pas à sortir de sa bouche et cela semblait décupler sa colère. C’était comme si les paroles s’accumulaient à l’intérieur de lui, bloquées par un barrage qui allait bientôt céder sous la pression. Le torrent qui en jaillirait promettait d’être violent.

    « La parole est un instrument de paix »

    Les mots nous lient et nous permettent d’entrer en contact avec les gens. Ils font apparaître les points de vue, les intérêts, la manière de penser et de construire un raisonnement, d’utiliser l’humour, de dire des émotions ou de révéler des sentiments.

    Les mots nous offrent la possibilité de nous mettre d’accord, d’écouter l’avis d’autres personnes et de le confronter au nôtre, de nous réconcilier, de nous rapprocher, de nous étonner et mieux encore : de nous faire rire.

    Ils ont cette incroyable faculté de nous lier ou de nous délier. Peut-être que nous nous en apercevons plus lorsque nous sommes à l’étranger et que nous ne connaissons pas le langage local. Nous pouvons certes nous comprendre grâce aux signes, à l’attitude ou à l’intonation, mais la discussion reste limitée, et nous sentons bien que le lien le sera forcément aussi. On utilise d’ailleurs souvent l’expression suivante : la barrière de la langue. Celle qui nous empêche en quelque sorte d’aller vers l’autre.

    Les mots qui sortent de notre bouche ne sont pas anodins et si on y prête attention on remarque qu’ils subissent énormément notre humeur. Il se pourrait bien que l’une des recettes pour être heureux soit d’employer dès que possible des vocables à connotation positive.

    Je vous laisse essayer cette idée pour l’été, une saison où votre vocabulaire sera forcément plus ensoleillé !