L'instant culture de l'écrivain public : pause-café, pause français

  • Les pros des quiproquos

    Récemment, j'écoutais la (féérique) chanteuse Agnes Obel et je me disais quelle grâce "... Et non pas " quelle grasse " ! Non mais, enfin !

    Même si " grasse " est un adjectif , il arrive que dans le langage parlé de telles familiarités apparaissent. Et parfois, les homophones peuvent créer de fabuleux quiproquos. Dans le cas cité, avec seulement deux petites lettres et un accent modifiés, notre musicienne danoise est passée - sans transition - de la beauté, la finesse, la douceur et le charme à l'épaisseur, le surpoids, la cellulite et les vergetures... Dur.

    Les quiproquos, lorsqu'ils surviennent, se montrent particulièrement agaçants. En effet, qui n'a pas envisagé de jeter la casserole qui traîne sur la tête de son conjoint dans une telle situation :

    " Mais je t'ai dit d'aller chercher du pain, pas un pin ! Où va-t-on pouvoir le mettre maintenant ? Sur le balcon ?!

    - Tu pourrais préciser quand même, je sais que tu adores ces arbres !

    - Encore heureux que tu ne l'aies pas peint...

    - Pas peint quoi ? le pain ou le pin ?

    - ... "

    J'achèverai ce blog par une petite leçon de latin (et pas la-pin, il va falloir songer à arrêter avec les pains/pins, nom d'un perlimpinpin !) expliquant le mot " quiproquo ". Venant de l'expression " quid pro quod ", il signifie littéralement " une chose pour une autre ". Il est vrai qu'il est plus facile de se tromper avec des homophones. Mais imaginez ce que cela pourrait être avec les homographes... On ne badine pas avec une badine !

  • Bouger les lettres et changer les mots

    Comme je l'ai expérimenté récemment sur mon vélo : un mur, ça fait mal.

    Ce n'est pas la plus belle phrase que j'aie jamais écrite, mais elle a au moins le mérite de vous faire sourire, voire rire. Et, de surcroît, elle va se révéler très utile pour évoquer l'une des nombreuses subtilités de notre langue...

    Reprenons.

    Un mur ça fait mal.

    Et changeons...

    Un mûr ça fait mâle.

    Ou pire encore...

    Ain mur sa fée mâle.

    Maintenant, enfin, vous ouvrez les yeux. Vous pensez à votre correcteur automatique d'orthographe qui vous laisse écrire de telles inepties ! Ce qui ne serait évidemment pas le cas de votre écrivain public. Une pensée qui me vient par hasard...

    Le français est une langue si riche que modifier un point, une virgule, un accent ou l'orthographe d'un mot change intégralement le sens de votre idée initiale. C'est notamment ce que j'ai dit à ma chère et tendre belle-mère (je vous en prie, n'y voyez point d'ironie) qui est aussi une belle mère.

    Il faut parfois savoir retirer les tirets, surtout quand c'est à bon escient.

     

  • Les chiens ne font pas des chats, ni des daurades

    Nos amis les animaux sont fascinants : les daurades royales sont hermaphrodites, rien que ça.

    Elles (ils ?) naissent mâles, puis deviennent femelles au cours de leur vie.

    Nos amis les (ani)mots sont surprenants : orgue, délice et amour transcendent les genres (tiens donc !). Au singulier, ils naissent masculins, puis au pluriel ils deviennent féminins.

    Les cinéphiles vous confirmeront qu'Amours chiennes a tout de même plus de chien qu'amours chiens.

    P.-S. : pour les sceptiques des daurades qui préfèrent les dorades, sachez que peu importe où vous les pêchez, les deux orthographes sont admises. Pêcher n'étant pas pécher, vous n'aurez pas à vous empêcher de les pêcher...